Tout cette histoire a été écrite sur ce site grâce à l'aide précieuse de Germaine qui m'a fournit tous ces renseignements.

J'ai simplement retravaillé un peu les textes en narrant l'histoire au présent.

Christiane


D’un père Wallon, Edmond Foulon, et d’une mère Flamande, Berthe Longerich, naît Edmond, notre père, au début du 20e siècle, le 14 décembre 1902, à La Louvière, province de Hainaut en Belgique.

Enfant, il vit dans une famille de grande bourgeoisie.

Un jour, son père abandonne sa mère pour une autre femme.

De 1918 à 1919, la grippe espagnole se répand en Europe et fait 30 millions de morts.

Atteinte de celle-ci, sa mère, Berthe, se laisse emportée, minée par le chagrin.

Papa décide de quitter la Belgique avec la ferme décision de ne plus y revenir.

 

Arrivé en France en 1928, il s’engage dans la Légion étrangère, où débutent ses campagnes en Algérie et au Maroc. Il prend la nationalité Française le 16 septembre 1932.

Lors d’une permission en France, il rencontre celle qui devient sa première épouse, une jeune fille originaire de la région de l'Isère, Denise Rebuffel.

Leur mariage est célébré à Vienne, le 2 août 1933.

Denise l’accompagne dans toutes ses campagnes. Au cours de l’une d'entre elles, au Maroc, elle décède de la tuberculose, à l’âge de 25 ans, le 10 octobre 1937.

Papa, fou de douleur, se met à boire, et un jour, au cours d’une de ses multiples altercations, il frappe un officier. L’armée le dégrade.

Papa met fin à ses campagnes en Afrique du Nord.

Sa dernière affectation fut Oran en Algérie.

 

Il est cité à l'ordre du régiment O.G n°10, comme étant un « excellent sous-officier d'un cran et d'une endurance remarquables ».

Durant 4 ans, au Maroc, il participe aux opérations du Tadla en 1931 et 1932, opérations ayant pour but de délivrer les tribus du Tadla de l'emprise des montagnards Chleuhs et Zaïans.

Il se distingue particulièrement au combat de Tighelghit, le 21 Mai 1932, en assurant la liaison avec les échelons supérieurs.

Après avoir accosté au Cap Saint-Jacques, papa embarque dans un bâtiment de transport des troupes pour remonter la rivière Saïgon et débarque, quai des messageries.

Après avoir reçu ses ordres du Q.G de Saïgon, il gagne le Tonkin par le train reliant le sud au nord, le 27 Septembre 1938.

Papa fréquente l’établissement tenu par la tante de maman. Il s’occupe de l’intendance militaire et, de ce fait, celle-ci s’y intéresse de près, son commerce se développant en grande partie grâce aux français.

Les bagarres entre militaires y sont quotidiennes et papa y participe à plusieurs reprises... ce qui lui vaut de perdre peu à peu ses galons.

Pour obtenir les faveurs de papa, et surtout garantir une descendance eurasienne, la tante lui présente maman qui, éprise par son jeune chinois, se détourne de papa.

Sa tante la menace alors de la renvoyer à la campagne patauger dans les rizières si elle refuse les avances de papa. Maman finit par céder. Vingt ans séparent l’âge de papa et celui de maman.

Maman a 16 ans. C’est une belle jeune fille, au teint hâlé par le soleil, typée par un mélange de sang vietnamien (50 %), chinois (25 %) et indien (25 %).

Ses parents ne peuvent pas subvenir à ses besoins.

Son père, ruiné aux jeux, perd son commerce. Très jeune, Maman travaille dure dans les rizières… et, n’allant pas à l’école, elle apprend à lire par ses propres moyens, dans  les champs, lors de ses rares poses.

 

Vivant dans la misère, ses parents la confie à sa tante, vivant à Hagiang, et veuve d'un sous-officier français.

 

La beauté de maman attire nombre de soupirants, dont un jeune chinois pour qui elle s’éprend.

 

De la liaison de papa et maman, un premier enfant ouvre ses yeux au monde, en octobre 1941.

C’est une fille, Jeanne.

La tante de maman n’a pas pu avoir d’enfant de son mari, disparu prématurément à la guerre. Gagnée par son désir d’avoir l’enfant d’un français, elle est éblouie par Jeanne, typée mi-française, mi-asiatique.

Elle s’en accapare en la faisant passer pour sa fille, et se fait appeler « Maman » par cette dernière, privant maman de son rôle de mère.

Jeanne est très chouchoutée. Son enfance est heureuse. Tout lui est permis.

Cette situation prend fin lorsque papa apprend la supercherie au retour d'une de ses campagnes.

Il décide alors de préserver maman en l'éloignant de sa tante.

Il prend une maison dans la campagne d'Hagiang.

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Commentaires: 2
  • #1

    lucien foulon (mardi, 25 juin 2013 19:23)

    Celà me pince toujours le coeur en relisant cette incroyable époque et histoire vécu par nos chers parents; mille remerciement à celles qui ont retracé une partie importante de la vie nos êtres plus que "chair"

  • #2

    Germaine (mardi, 16 juillet 2013 15:39)

    C'est un devoir de mémoire ! Afin que cela soit gravé à tout jamais dans notre mémoire ainsi qu'à celle de toute notre descendance